Test de la voile montagne Skin 3 P de Niviuk après 2 ans de vol en Skin 2 P. Comment choisir entre les tailles 18 et 16 ? Hike and Fly et combos parapente alpinisme : quelques arguments pour faire un choix parmi les principales voiles light monosurface du marché. Quelles différences ressenties lors du test de la Skin 3 P par rapport à la version précédente ?

Se séparer de la Skin 2 P ? 

La Skin 2 P a été ma première voile en sortie d’école. Elle a parfaitement rempli son rôle lors de nombreux vols rando et combos alpinisme et parapente. Ça n’est pas la plus légère et la plus compacte de sa catégorie. Mais son très bon plané en air calme permet de bien profiter de la descente et de la prolonger à la moindre petite ascendance thermique ou dynamique. Un point intéressant pour les contemplatifs et amateurs de photographies aériennes. Quelques instants supplémentaires en l’air valent bien quelques grammes de plus à porter à la montée ! Cette voile monosurface est tout de même relativement compacte. Elle tient facilement dans un sac 35L avec tout le matériel et les vêtements nécessaires à une course d’alpinisme classique (comme lors de ce combo vol, ski, vol au Mont Blanc par l’arête n du Goûter). Elle rentre aussi dans de gros sac de trail de 25L avec le casque, une doudoune et des gants pour les sorties Hike and Fly rapides.

C’est aussi avec cette voile que j’ai pris mes premiers thermiques et fait mes premiers « cross » d’une vingtaine de kilomètres. Une grande facilité pour enrouler les thermiques mais des performances clairement dégradées en air turbulent, lors des transitions.

Alors pourquoi se séparer de cette voile ? Tout simplement grâce à un bon plan qui s’est présenté à moi.  En effet, j’aurais pu garder cette voile de nombreuses années. Je ne me suis jamais senti limité par la skin 2 P dans aucun de mes projets, que ce soit en rando ou en alpinisme.

 

Quelle taille choisir ? Skin 3 P 16 ou 18 ?

Ma Skin 2 P était une 18 mètres carrés. Pour ce changement, je me suis posé la question de passer sur une 16 pour gagner encore un peu plus en poids et compacité.
En 18 on passe de 2.1 kg à 1.8 kg de la version 2 à la version 3
En 16 on passe de  1.9 kg à 1.6 kg de la version 2 à la version 3
Il serait donc possible de faire un gain de poids de 500g soit économiser 25% du poids de l’aile en passant d’une Skin 2P 18 à une Skin 3P 16. Rester sur une 18 permettrait quand même de gagner 300g.

Pour info, je pèse autour de 72 kg.
PTV en 16 : 60-85
PTV en 18 : 70-90

Avantages pour la Skin 3 P 16 :
– Poids et compacité
– Vitesse plus importante = accepte plus de vent au décollage.

Avantages pour la Skin 3 P 18 :
– Prise en charge plus rapide (utilité : décos techniques et courts, décos en altitude sans vent, lorsqu’on est bien chargé avec tout le matos d’alpinisme)
– Meilleur plané = plus de temps de vol + possibilité de faire des fléchettes plus longues (utile pour certains combos alpinisme et parapente)
– Plus polyvalent (petit thermique, soaring…)

Voici deux arguments qui m’ont convaincu que le meilleur choix était la 18 mètres carrés :

  1. Je m’imagine au sommet du Mont Blanc avec ma voile. Le vent est assez fort. A aucun moment je ne serai capable de dire  » Là c’est chaud avec la 18, avec la 16 ça devrait passer!  » La marge que je prends par rapport à la limite de vent acceptable pour décoller (surtout en montagne) est plus large que le gain de vitesse obtenu en passant d’une 18 à une 16. Ce gain est trop sensible pour être un réel avantage.
  2. Je n’ai jamais été limité par le poids et le volume de la skin 2 P. La version 3 promet déjà un gain à ce niveau là. De plus, même si mes rêves tournent autour de projets alpinisme et parapente où la compacité joue un rôle essentiel, dans la réalité, la plupart de mes sorties sont des vols rando. Je réussirai bien à emprunter une Run&Fly de Dudek le jour où l’encombrement de la voile est à ce point critique 😉

C’est parti pour la Skin 3P en 18 ! Test de ce parapente montagne monosurface dans les paragraphes suivants.

 

Comparatif parapentes montagne monosurfaces (non exhaustif)

Comparatif basé sur un ressenti perso et des arguments qui peuvent ne pas être fondés mais reflètent mon point de vue.

Comparaison des poids des voiles monosurfaces :

Dudek Run&Fly : 0.98kg en 16 et 1.08kg en 18
Ozone XXLite 2 : 1.3kg en 16 et 1.4kg en 18
Skyman Sir Edmund 2 : 1.33kg en 17 et 1.45kg en 20
Skin 3P : 1.60kg en 16 et 1.80kg en 18
Airdesign UFO : 1.70kg en 16 et 1.80kg en 18
Skyman Sir Edmund Race : 1.75kg en 17 et 1.89kg en 20

Différences perçues :

XXLite2 : pas testé donc pas vraiment d’avis. Sans doute très bien mais quand même plus cher. Les grammes valent de l’or!

Dudek Run&Fly : testé une fois en vol rando.
Démêlage laborieux . Élévateurs faits avec les suspentes directement, pas de regroupement avec des sangles. Le système d’attache du frein tient mal donc la poignée s’emmêle dans les suspentes. Mais ça doit être une question d’habitudes, le copain n’ayant pas de problèmes !
Grosse difficulté à gonfler.. car j’essayais d’utiliser les avant et le bord d’attaque se déformait. J’ai appris plus tard qu’il ne fallait pas les prendre en main. Et là, tout devient très facile. Ça me pose quand même la question de la précision au gonflage dans du vent fort et un peu travers quand on n’a pas les élévateurs dans la main. Il paraît que la voile se centre seule…
Prise en charge assez longue il faut bien courir.
En vol RAS et très bel arrondi à l’atterro. 
Inéluctablement une véritable arme pour l’alpinisme et escalade où le volume emporté est critique lorsque l’objectif est bien plus de descendre que de profiter d’un long vol.
Je ne la prendrais pas pour des vols rando ou de l’alpinisme classique pour lequel on peut se permettre 700g de plus car ça vole vite, ça descend vite et la finesse n’est pas top. 

Airdesign UFO : pas testé mais quand même un avis… car j’ai volé en même temps que ces voiles en étant sous ma Skin.
Même poids que la Skin 3 P. Mais performances largement inférieures au niveau du plané et de l’arrondi à l’atterro.

Skyman : testé aucune de ces deux voiles. J’espère en avoir l’occasion. Sûrement une bonne voile aussi.

Voilà pour ce comparatif succinct et peu objectif. La Skin 3 P de Niviuk correspond bien à mon usage. Même si je ne suis pas contre faire quelques vols avec une Run&Fly dans certaines conditions très particulières.

 

Test Niviuk Skin 3 P
Déballage de la voile :

Pliée dans sa poche de rangement, la skin 3 P est un peu plus légère et compacte que sa petite soeur. Mais ça reste très sensible. Pas d’évolution majeure au niveau du poids et de la compacité.
Le bord d’attaque est similaire à celui de toutes les nouvelles monosurfaces, mais le boudin semble particulièrement gros sur la voile de Niviuk. Les trois derniers caissons (à chaque bout d’aile) sont en double surface.
Le nombre de suspente semble réduit par rapport à la version précédente. Un bon point pour le démélage.
Les élévateurs paraissent plus fins. Impression donnée par l’absence de la sangle et de la pince des trims présent sur la skin 2 P. Le système est remplacé par un ensemble de tresses dyneema et d’épissures (voir la vidéo du test).

 

Premier vol de test :

Décollage de Plaine Joux, dans la neige avec un vent de cul bien installé (voir la manche à air sur la photo). Parfait pour vérifier l’efficacité la prise en charge ! Gonflage toujours aussi facile et décollage sans avoir eu à descendre trop bas dans la pente.

En l’air, le comportement de la voile est différent. Elle semble moins tendue que dans la version 2. Elle n’a plus l’aspect monobloc solide. Le boudin se déforme avec l’arrivée de rafales de vent. La voile « ondule » mais ces déformations ne sont pas vraiment transmises. Je trouve que l’aspect plissé du profil est moins esthétique. Par contre l’aile bute moins contre les rafales de face.

Le virage est aussi facile à engager, la voile est tout aussi joueuse. Le progrès semble être sur l’angle que prend la voile lors de la mise en virage. Elle plonge beaucoup moins !

Lors de l’essai le vent du Nord Est descendait de Chamonix et je me suis vite retrouvé dans une couche bien turbulente. La Skin 3 P transmet bien la masse d’air, comme toutes les monosurfaces. Mais son comportement est un peu plus lissé. La voile glisse plus et offre une meilleure pénétration (on n’est pas au niveau d’une double surface non plus). Les mouvements sont donc moins saccadés, ce qui est agréable.

Ce vol a été l’occasion de tester le nouveau système de trims en cordelette et épissures. Le réglage se fait super facilement! beaucoup plus fluide et précis qu’avec la sangle et les pinces. Une cordelette avec une boule pour détrimer. Une cordelette avec un anneau pour trimer.

Le gain de vitesse une fois la voile complètement détrimée m’a semblé plus important qu’avec la Skin 2 P. J’arrive avec une bonne réserve de vitesse sur l’attero malgré un vent qui souffle bien.

 

Deux vols test supplémentaires:

Deux vols rando à Varan. Décollage Est avec du vent de travers. Peu pentu avec de la neige croutée jusqu’à mi-mollet. Là encore, la prise en charge incroyable permet de se sortir très facilement de ce déco technique.

En vol, la voile semble effectivement moins tendue. Le boudin se déforme et « absorbe » les dos d’ânes et nids de poule qui sont sur la trajectoire sans transmettre la secousse. Le parapente donne l’impression de glisser dans la masse d’air en se déformant plutôt qu’en butant dans celle ci. La Skin 2 avait plutôt tendance à marquer des arrêts face aux obstacles aérologiques. Toutes les micros informations étaient transmises avec de vifs mouvements de tangages. La glisse était perturbée et donc les performances générales du parapente aussi. C’est une des grosses améliorations de cette version de mon point de vue.

Ces vols ont été l’occasion de faire quelques virages et wings. Là aussi on ressent une belle différence. Il est plus facile de donner de l’amplitude aux wings. Lors de la phase d’accélération, la voile prend vraiment de la vitesse (un peu plus comme un parapente classique). On aune meilleure sensation de glisse.

Enfin la dernière bonne surprise vient de l’atterrissage. Très nettement amélioré par rapport à la version précédente. Atterrissages sans vent lors de ces deux vols. Finale en position détrimée et très bel arrondi en sortie. Je suis même bien remonté lors du premier car un peu trop bourriné sur les freins par habitude…
Sans détrimer, l’arrondi de la skin 3 P est moins performant. 

 

Après une dizaine de vols :

Pas grand chose à rajouter. C’est un vrai plaisir de voler avec cette voile. Quelques vols à ski et vols randonnée m’ont permi de valider les points précédents.

Pour info : en air calme, je vole aux alentours de 32 km/h en position trimée sous cette Skin 3 P en 18. (PTV de 75kg). Vitesse mesurée à la montre GPS lors de plusieurs vols.

Un petit bémol pour le système de trims. L’un coulisse moins bien que l’autre et nécessite de tirer plusieurs fois dessus pour détrimer à fond. Pour avoir une position identique sur les deux trims, il est plus facile de partir de la position détrimée puis de trimer progressivement. A voir comment ce système vieillit (frottements des cordelettes et épissures)

 

Conclusion de cet essai du parapente Skin 3 P de Niviuk.

Ce parapente monosurface ne change pas de programme. Ça n’est pas la voile la plus légère ni la plus compacte du marché. Le gain de poids entre la version 2 et la version 3 la rapproche quand même de ses concurrents.
En revanche, cette nouvelle Skin s’améliore encore sur ses points forts :
Prise en charge éclair.
Plané et glisse qui se rapprochent d’une double surface.
Elle bénéficie aussi d’un très bon arrondi à l’atterrissage.

C’est un parapente montagne idéal pour le Hike and Fly et l’alpinisme lorsque l’on aime profiter du vol de descente!

EDIT : Démêlage des suspentes

Les suspentes moins nombreuses que sur la version 2 permettent un démêlage plus simple. Je ne trouve pas de gêne au fait que les suspentes sont dégainées : ça reste fluide.
Petite vidéo en exemple qui montre la possibilité de se préparer rapidement avec un démêlage succinct sans craindre de faire une clef.

 

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